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Les loups-garous du Trasimène (partie 1)

Troisième récit traduit du livre (partie 1)

Umbria Misteriosa” de Lucia PIPPI et Cristiano ROSCINI.

(voir aussi le premier et le second récit et, après lecture de celui-ci, le deuxième épisode de ce troisième récit))

Castiglione del Lago

“Outre la légende romantique d’ Agilla et Trasimène, les environs du lac sont également réputés pour leurs loups-garous.

Et tout particulièrement un d’entre eux qui vivait à Castiglione del Lago car il avait une particularité : il se transformait seulement en loup-garou la nuit de la veillée de Noël.

Castiglione del Lago

Point de départ de l’histoire

Mais pour quelle raison ?

 

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Parce que c’était précisément durant la soirée du 24 décembre, alors qu’il n’était encore qu’enfant, qu’un loup-garou l’avait mordu.

Comment cela était-il arrivé ?

Comme cela se passe toujours dans les familles de paysans, le petit était à la maison avec sa famille et les voisins réunis pour la fête. Du fait qu’il était l’aîné de la fratrie, sa mère lui demanda de se rendre à la cantina pour prendre un peu de vin.

Bien obéissant, l’enfant descendit pour se rendre dans le cellier et, tandis qu’il traversait la cour, il se trouva soudain  face-à-face avec un inconnu. Il ne s’agissait pas de l’homme noir qui épouvante tant les enfants.

Non, c’était un homme poilu, grand, avec des crocs et une gueule semblable à ceux d’un berger allemand : un loup-garou bien sûr !

Le loup-garou : affiche recentrée du film de Mark ROMANEK (2007)

Terrifié, le petit se mit à courir. Mais l’homme le poursuivit dans la cour et parvint à saisir son cou entre ses crocs.

Il semblait qu’il dut  mourir sur-le-champ des suites de cette morsure. Mais sa mère le sauva grâce à ses prières à Jésus.

C’est ainsi que l’enfant grandit et commença à travailler la terre avec ses frères. Il se fiança avec une charmante jeune fille des environs et peu après ils se marièrent.

Première transformation en loup-garou

Mais, à peine marié, survint sa première transformation en loup-garou.

La nuit de Noël, avant d’aller à la messe, il passa un peu de temps avec ses amis au bistrot du village. Un verre de vin, quatre bavardages, les échanges de bons vœux. Puis il reprit le chemin de sa maison pour passer prendre sa femme afin d’aller à l’église.

C’est durant ce trajet survint la métamorphose. Il se transforma à son tour en un loup-garou, identique à celui qui l’avait mordu bien des années auparavant. L’homme se rendit compte de la métamorphose en cours et décida d’attendre l’aube avant de rentrer chez lui.

« Je ne veux pas faire du mal à ma femme, ni à mes enfants comme ce loup m’en fit » pensa-t-il pendant que la transformation progressait inexorablement.

Et c’est ainsi qu’il resta caché toute la nuit dans une cannaie, hurlant et pleurant sur son malheureux destin.

Accalmie

Les mois passèrent, de même que les périodes de pleine lune et toutes les autres durant lesquelles il était possible qu’un homme se transforme de nouveau en loup-garou.

Mais rien de tel ne survint.

Bien au contraire.

Étonné, l’homme reprit une vie normale et demanda conseil au curé du village. Ce prêtre, un homme avisé, arriva à la conclusion qu’ayant été mordu enfant la nuit de Noël, il ne se transformerait en fait qu’au cours de cette seule nuit particulière.

Deuxième métamorphose

Et la nuit de Noël revint comme chaque année.

Dans le village, les préparatifs pour la crèche battaient leur plein et le curé invita tous les fidèles à la messe de minuit.

L’homme-loup commençait à avoir peur. « Je ne veux pas faire de mal à ma femme, ni à mes enfants » ne cessait-il de se répéter en lui-même.

Aussi prit-il une décision. Il vint près de sa femme et lui déclara clairement : « la nuit de Noël, quoiqu’il arrive, quoique je te dise, tu n’ouvriras la porte sous aucun prétexte. Si tu ne me vois pas rentrer, tu ne me chercheras pas. Je ne veux pas te faire de mal, ni aux petits ».

Et ce soir-là, prêt à sortir comme d’habitude pour se rendre au bistrot, il répéta une dernière fois sur le seuil à sa femme : « Rappelle-toi ! N’ouvre pas la porte ! »

Il passa ensuite la soirée avec ses amis comme il l’avait toujours fait. Puis il reprit le chemin de sa maison avec l’intention d’aller à la messe.

Mais sur le chemin du retour, il se métamorphosa de nouveau. C’est à ce moment qu’il réalisa lui aussi qu’il ne vivrait cette métamorphose que la nuit de Noël, mais ce jusqu’à la fin de ses jours.

Et donc…

Dès lors, jusqu’à la fin de son existence, chaque année à la veille de Noël, il fuyait son foyer obligeant sa femme à n’ouvrir la porte sous aucun prétexte jusqu’au lendemain matin, moment où la lumière du jour chasse l’ombre de la nuit et retransforme les loups-garous en d’ordinaires et aimables fermiers, affectueux avec leurs épouses, leurs enfants et respectueux des traditions.

NDLR : l’homme noir = équivalent italien du croquemitaine

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